De la place de l’éthique en général et de l’éthique – dans et de – l’action publique

21 Mai

Extrait… Vers un management public éthique et performant, Ethique et performance en management public, RFAP n°140, 2011,Annie Bartoli, Olivier Keramidas, Fabrice Larat, Bachir Mazouz

En ce qui la concerne, la dimension éthique est inséparable de l’idée d’administration au service des citoyens et usagers, dans le sens où elle est consubstantielle à l’existence d’un État dédié à la défense de l’intérêt général et à la recherche du bien commun. Pour ce faire, la puissance publique doit pouvoir s’appuyer sur une administration guidée à la fois par le sens du service de l’État et du service au public, respectant la légalité et faisant preuve de neutralité, d’objectivité, de probité et de responsabilité, valeurs fondatrices du service public. Concrètement, cela suppose que les agents publics aient un comportement en accord avec ces principes directeurs sur le plan pratique, notamment en se montrant loyaux, impartiaux, honnêtes, intègres et en ayant un comportement exemplaire.

Dès lors, l’éthique comme la performance se décline sur au moins deux niveaux, allant du niveau collectif (l’État d’une part, l’administration de l’autre) au niveau individuel (l’agent public d’une part, le citoyen ou l’administré de l’autre).

Il serait trompeur de penser qu’il s’agit là de considérations théoriques et de préoccupations d’ordre moral, donc éloignées de la réalité politique ou managériale. Bien au contraire, ces normes suprêmes, principes directeurs et autres valeurs incarnées, se révèlent essentielles pour assurer la pérennité du contrat social à la base de toute société, ainsi que du caractère démocratique de nos systèmes politiques, et ce partant des organisations et politiques, acteurs et objets du management public. Elles garantissent également la légitimité de l’action publique pour ce qui est de sa mise en œuvre, de même que la crédibilité des détenteurs de l’autorité publique par rapport à la fonction qu’ils exercent au nom et au service de la collectivité. Par extension, elles posent les conditions du respect du citoyen pour la collectivité dans laquelle il vit ainsi que l’observation de ses conventions et lois, bref l’existence même du civisme. Chacun connaît a contrario les effets délétères d’une administration corrompue : c’est d’abord un facteur d’accroissement des inégalités dans la mesure où ce sont les plus pauvres, incapables de payer, qui en sont les victimes. En outre, de tels comportements nuisent gravement à la confiance des citoyens dans les institutions, avec le risque que cela comporte pour la vitalité de la démocratie.

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